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Photo : Sorbonne Université – Guillaume Blanquet

Le 11 février 2026 était la Journée internationale des femmes et des filles de science, une occasion idéale pour mettre en lumière certains des résultats scientifiques les plus marquants obtenus par les femmes de notre laboratoire.

Dans une série de publications, nous avons partagé sur les réseaux sociaux une sélection de contributions scientifiques remarquables réalisées par les chercheuses permanentes du LKB.

Alice Sinatra

Alice Sinatra et son équipe ont posé les bases théoriques d’un réseau de capteurs d’une précision extrême. En scindant un condensat de Bose–Einstein en plusieurs nuages atomiques corrélés, les chercheuses et chercheurs ont réussi à mesurer conjointement plusieurs paramètres physiques avec une précision dépassant la limite quantique standard.

Vous pouvez en lire davantage sur ce travail récent sur notre page web [https://www.lkb.fr/en/laboratoire/presentation/actualites/quantum-metrology-a-sensor-network-to-surpass-the-standard-limit/] ou consulter directement l’article scientifique [https://www.science.org/doi/10.1126/science.adt2442].

Valentina Parigi

Valentina Parigi et son équipe travaillent à l’interface entre la science des réseaux et l’optique quantique. L’équipe a démontré expérimentalement un simulateur optique pour les systèmes quantiques ouverts évoluant dans des environnements de réseaux complexes. Ce système a fourni une plateforme idéale pour étudier la non-markovianité quantique.

[https://doi.org/10.1103/PRXQuantum.4.040310]

Nancy Paul

Nancy Paul et son équipe ont réalisé la première démonstration d’un capteur quantique de rayons X (microcalorimètre) utilisant un atome composé d’antimatière. Ces techniques expérimentales ouvrent une nouvelle fenêtre pour l’étude de théories fondamentales telles que l’électrodynamique quantique.

Vous pouvez lire davantage sur ces avancées ici :
[https://home.cern/news/news/experiments/antiprotons-test-standard-model] et [https://ep-news.web.cern.ch/content/telmax-new-era-flexibility-cerns-antimatter-factory]

Elisabeth Giacobino

Elisabeth Giacobino n’est pas seulement présidente de la Société Française de Physique ; elle possède également une carrière scientifique riche en résultats pionniers. Nous en mettons deux en avant :

En 1987, Elisabeth et son équipe ont été les premiers à démontrer qu’un oscillateur paramétrique optique constitué d’un cristal non linéaire pompé par un laser émet des faisceaux quantiques jumeaux. Les photons y sont émis par paires, chaque photon d’une paire étant dirigé vers l’un des faisceaux. La différence de bruit entre les deux faisceaux est alors bien plus faible que le bruit quantique standard.

[https://doi.org/10.1103/PhysRevLett.59.2555]

Deux décennies plus tard, en 2009, Elisabeth et son équipe ont réalisé la première observation de la propagation superfluide d’un fluide de lumière quantique créé par excitation laser dans une microcavité semi-conductrice. La superfluidité se manifeste par la suppression complète de la diffusion élastique sur les défauts de la structure lorsque la vitesse du fluide est inférieure à la vitesse du son.

[https://doi.org/10.1038/nphys1364]

Pauline Yzombard

Lorsque Pauline Yzombard a rejoint l’équipe d’Alban Kellerbauer au MPI-K à Heidelberg pour son postdoctorat, le groupe travaillait depuis des années sur le refroidissement laser d’anions atomiques. Le problème avec les anions est que l’électron supplémentaire est très faiblement lié, et seules trois espèces permettent théoriquement un état excité lié : Os⁻ et La⁻. Après des années de recherches expérimentales pour trouver ces transitions, Pauline a rejoint l’équipe alors qu’il ne restait plus que 18 mois de financement avant l’arrêt complet du projet. Elle est alors tombée sur un article théorique d’Anne Crubellier, physicienne de son ancien laboratoire, proposant une méthode pour refroidir des ions négatifs piégés à l’aide d’un laser :

[https://iopscience.iop.org/article/10.1088/0953-4075/23/20/020]

Au cours des six derniers mois de financement, la technique d’Anne a été mise en œuvre, 30 ans après la publication initiale de son article théorique.

[https://journals.aps.org/prl/abstract/10.1103/PhysRevLett.123.103201]

Hanna Le Jeannic

L’un des résultats expérimentaux dont Hanna Le Jeannic est la plus fière remonte à son postdoctorat à l’Institut Niels Bohr à Copenhague. Elle y étudiait l’interaction non linéaire entre deux photons arrivant simultanément sur un émetteur quantique à deux niveaux — un système que l’on peut considérer comme un « atome artificiel ». Ce qui l’a particulièrement marquée, c’est la manière dont l’émetteur déformait de façon cohérente le paquet d’ondes des photons, un effet directement lié à l’interaction photon-photon au cœur du système.

Pour Hanna, cette étude est également spéciale en raison de la simplicité et de l’efficacité du montage expérimental : de simples impulsions laser en résonance avec l’atome. Malgré un dispositif quelque peu bricolé, utilisant les moyens du bord pour générer les impulsions optiques, l’équipe a pu contrôler avec précision les conditions d’excitation. Autre anecdote : avant même de lancer l’expérience, les résultats des simulations préliminaires semblaient si surprenants que l’équipe a soupçonné des erreurs numériques dans le code. Pourtant, dès les premières mesures, la correspondance entre les données expérimentales et les prédictions théoriques était parfaite — un phénomène plutôt rare en physique expérimentale : l’expérience a immédiatement et directement confirmé les calculs !

Hanna et ses collègues ont ensuite consacré beaucoup de temps à décrypter la physique sous-jacente afin de comprendre comment l’émetteur produisait cet effet sur les photons. L’observation de ce phénomène a ouvert des perspectives prometteuses : elle suggère qu’il pourrait être possible d’exploiter cette interaction pour concevoir des opérations quantiques contrôlées et déterministes, ce qui constituerait une avancée majeure par rapport aux approches probabilistes classiques.

[https://www.nature.com/articles/s41567-022-01720-x]

Saïda Guellati-Khelifa

Saïda Guellati-Khelifa et son équipe ont réalisé la détermination la plus précise à ce jour de la constante de structure fine grâce à l’interférométrie atomique. Pour repousser encore davantage les limites de cette précision, elles et ils ont développé une méthode in situ innovante permettant de sonder directement la dispersion du vecteur d’onde telle qu’elle est perçue par les atomes dans la chambre à vide, en utilisant un condensat de Bose–Einstein comme sonde mobile.

Vous pouvez en lire davantage sur ce travail récent ici : [https://www.quantamagazine.org/physicists-measure-the-magic-fine-structure-constant-20201202/] ou consulter directement l’article scientifique : [https://doi.org/10.1103/x2x9-dt38]

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